Ces derniers mois en Pologne ont été marqués de nombreuses manifestations de femmes qui se sont regroupées pour réclamer d’avoir les pleins pouvoirs sur ce qu’elles considèrent être leur corps. Avant de s’attarder sur ce qu’elles entendent par-là, il faut s’arrêter sur la « grande injustice » qui entraîne de telles insurrections.

Ce qui est mis en cause ici est le durcissement de la loi anti-IVG qui a été promulgué au mois d’octobre 2020. L’accès à l’avortement était déjà mission très compliquée dans ce pays puisqu’il était limité à de très rares cas. Ces occurrences sont les suivantes : en cas de grossesse entraînée par un viol ou un inceste, dans les cas où la mise au monde de l’enfant entraînerait un danger significatif pour la vie de la mère, et enfin, dans le cas où l’enfant pourrait être malformé ou handicapé. Le durcissement que nous venons d’évoquer s’attaque à ce dernier point et n’autorise plus de tuer un enfant qui pourrait présenter un handicap évitant ainsi une forme d’eugénisme où les individus ayant droit à la vie sont sélectionnés. Il y a cependant un vrai souci qui existe ici, les aides étatiques pour les parents d’enfants handicapés sont quasi inexistantes en Pologne et doivent absolument être développées afin de poursuivre cette politique qui vise à préserver la vie que le gouvernement polonais a entrepris. En revanche, ce n’est clairement pas la question de l’accompagnement des enfants handicapés et de leur famille qui semble être au centre des préoccupations des femmes révoltées par la situation en Pologne.

Ce que réclament ce groupe de femmes n’est autre que l’accès total à un avortement entièrement légal et remboursé par l’État et donc par le contribuable. On voit bien que le slogan « mon corps, mon choix » revient en permanence, que ce soit au sein même des manifestations où dans les nombreux soutiens que l’on a pu voir fleurir sur les réseaux sociaux. Mais que veut dire « mon corps, mon choix » ? Vraisemblablement il s’agit d’avoir le droit de vie ou de mort sur un être humain à part entière une fois qu’il est devenu évident qu’on n’a pas eu la présence d’esprit nécessaire pour éviter sa conception en amont. Ce qui aurait, par la même occasion, pu éviter de vouloir en arriver à « la solution » du meurtre. Le droit de disposer de son corps doit en effet être garanti par la loi, mais ce que ces militantes ne saisissent pas, c’est qu’il est déjà garanti. En effet, toutes les femmes sont libres de ne pas concevoir un enfant, du moment qu’elles s’engagent dans des relations sexuelles volontaires, elles connaissent « le risque » existant d’une éventuelle grossesse. De plus, les outils pour s’en prémunir avant la conception sont extrêmement nombreux.

Pour revenir à la question du « mon corps, mon choix », qu’est-ce qui démarque une vie d’une autre ? La réponse serait probablement un ADN différent. Or, un zygote (qui représente le premier stade de fécondation et donc de développement humain) possède déjà un ADN qui lui est propre, qui est unique et qui est spécifiquement humain. Ainsi, nous pouvons, par ce critère, admettre que ce débarrasser de ce zygote, consiste à empêcher quelque chose d’humain et de distincts de son propre corps de vivre et il s’agit dès lors de quelque chose qui dépasse le simple cadre de « mon corps, mon choix ». Au final, puisque l’enfant est déjà humain, unique et distinct de sa mère à se stade, la suite de son développement ne fait que le rapprocher du stade d’humain complètement formé et indépendant, indépendance qu’il n’atteindra pleinement que 18 années après sa mise au monde d’un point de vue théorique.

Pour terminer, nous allons revenir sur une votation qui avait eu lieu en Suisse en 2014. L’initiative en question visait à faire du financement de l’avortement une affaire privée. Celle-ci avait été largement rejetée car comprise encore une fois comme une attaque envers le droit des femmes à disposer de leur corps. Or, cette initiative ne faisait que mettre la responsabilité du meurtre d’un enfant là où celle-ci devait être, c’est-à-dire sur la personne qui demande cette IVG. Il me semble tout de même profondément injuste de faire partager la responsabilité de l’assassinat massif d’enfants dits « indésirables » à tous les membres qui contribuent à une société. Il n’y a pas beaucoup de mots qui puissent décrire l’horreur que représente la perte d’un enfant, mais je pense que l’adjectif tyrannique correspondrait bien à la pratique qui vise à forcer tout un chacun à prendre part à toutes une série de meurtres qui, dans l’immense majorité des cas, n’ont pour motif que l’incommodation présumée que représente ces vies humaines.