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Se remettre en question n’est pas facile. Surtout en des temps comme les nôtres où les pulsions tribales sont poussées à leur paroxysme pour motiver les efforts de guerre et influencer l’opinion publique. Poutine est désormais devenu le mal incarné. Tous les pires traits de caractères possibles sont calqués sur lui, mégalomane, tyrannique, sans cœur, froid et calculateur. Je ne vais rien contredire ici, ce n’est pas un enfant de cœur. Cela dit il convient de se demander, « qu’est-ce qui a changé ?» Nous connaissons Poutine depuis des années. Ses techniques, sa philosophie, ses objectifs et ambitions ne sont une surprise pour personne. Si la guerre en cours est sa seule responsabilité, il deviendrait logique de blâmer nos dirigeants pour avoir laissé un homme seul, aussi puissant soit-il, causer tant de troubles et de chaos quand il nous était connu depuis tant de temps. À L’inverse si la guerre en cours et le résultat de décisions politiques de l’Europe, de L’OTAN et de la Russie qui ont tour à tour accentué les tensions jusqu’à ce qu’elles fassent surface et explosent on a tendance à peindre une image de la réalité et de l’histoire comme un processus amorphe occasionnellement volatil, dicté par la fatalité. Essentiellement alors, ce serait la faute de tout le monde et donc la faute de personne. Essayons d’y voir plus clair :
Il n’y a pas d’anges dans cette histoire. Poutine en tant que déclencheur de la guerre possède une responsabilité importante dans cette affaire en tant que cause de la perte de vie massive qui à lieu en ce moment en Ukraine. Cela dit, rien ne sert d’attendre que cela soit admis par son côté de l’échiquier culturel. En peignant son assaut comme une dénazification de l’Ukraine, du point de vue de la Russie c’est devenu un assaut justifié qui est donc pleinement assumé par Poutine à grand coup de propagande. Nous n’aurons pas, sauf si elle est forcée, de reconnaissance par Poutine de ses exactions. Du côté de l’OTAN on remarque la naissance de cette idée qu’il faut être sympathisant russe pour remarquer l’imbécillité flagrante avec laquelle la question des rapports entre la Russie et l’OTAN ont été géré par l’Europe et les États-Unis. Malgré ces jacassements il est évident que les choses auraient pu se passer différemment si nos dirigeants avaient été plus consciencieux et moins endormi à rêver au monde de demain sans s’occuper du monde d’aujourd’hui. C’est bien drôle en temps de paix de jouer au petit expérimentateur avec le tissu social le perçant, déchirant, découpant, recollant, faisant de lui une sorte de patchwork torturé, en ignorant que c’est en temps de guerre ou de crise qu’on en payera les conséquences. Notre classe dirigeante socialement et économiquement libérale propre à « l’ouest » s’obstine à travailler avec une vision de la réalité qui ne fonctionne pas, où on peut ignorer un conflit de vision sans que cela ne revienne par après nous hanter, où on peut ignorer les réalités dérangeantes pour les faire s’en-aller. Plutôt que de discuter et négocier en prenant compte de la réalité que nous tous partageons, on voit nos classes dirigeantes déconnectées et perdues qui injectent cette même déconnexion au reste de la société.
À qui la faute pour la guerre ? À ceux qui l’ont voulue. À qui la faute pour avoir créer un climat propice aux abus ? À tous ceux qui par incompétence ont remis au lendemain des discussions et décisions diplomatiques.
Poutine sans surprise est un assassin. Nos dirigeants sont, au mieux, des imbéciles.