Une critique trop commune, qu’on adresse aujourd’hui, est celle qui dit que nos institutions sont insensibles et froides faces aux souffrances de nombreuses classes marginalisées ou qu’elles sont responsables (voir mêmes causent), ces souffrances. Il y a dans cette accusation une partie de vérité dans le sens ou nos institutions sont forcément marquées par la corruption et que nous sommes en tant qu’humain toujours aveugle d’une partie du monde qui nous entoure. Ce qui tristement nous amène à ignorer ou causer des souffrances facilement évitables en rétrospective. Cela étant, quand ce message nous est transmis par des institutions supposément possédant un certain pouvoir sur la scène politique et que celles-ci se voient comme faisant partie de ceux qui manient, « le bon pouvoir » sans prendre soin de prendre les précautions nécessaires afin de ne pas être corrompus par l’apparente pureté de leurs intentions, alors il est bon de se moquer de ses élites déconnectées des préoccupations de la masse gouvernée et qui se prennent pour des héros du peuple.

 

Les médias, (qu’ils soient organisés selon le vieux modèle ou qu’on parle des têtes pensantes gérant les algorithmes des réseaux sociaux,) sont à prendre à part afin de leurs faire prendre conscience de leur influence néfaste potentielle. Les accords internes visant à favoriser l’expression de certaines opinions aux dépens de certaines autres, en fonction de critères douteux et malléables au besoin (une forme de censure discrète), ne favorise que la création de groupes extrémistes et la radicalisation violente à gauche comme à droite de certains individus dangereux. S’ils refusent d’agir dans les limites de ce qu’ils sont censés gérer, à savoir des espaces d’échanges d’information et de communications stables absent de radicalisme ouvert et d’obscénité flagrante. Et qu’ils décident à la place d’utiliser leur pouvoir obtenu de façon non-électorale pour « changer les choses » en prenant des décisions qu’ils n’ont pas l’autorité de prendre, souvent injectant leur propre radicalisme dans la plate-forme, alors il devrait être raisonnable d’utiliser la force étatique pour les empêcher de poursuivre leurs activités néfastes. Aussi bien-pensant soient-ils ils sont tous aussi aveugles que tout un chacun et forgent des dogmes stricts sans s’en rendre comptes.

 

Il se trouve que beaucoup des réseaux sociaux, et autres vendeurs d’influence à l’échelle internationale, sont américains. Ainsi beaucoup de leurs mouvements s’exportent très facilement, de part la puissance encore grande des États-Unis aujourd’hui et de la langue parlée le plus couramment sur les réseaux sociaux et internet en général. Nous sommes donc ici en Europe, fortement influencés. Il est important de nous garder le plus possibles de cette influence manufacturée. Quand les médias américains (ou non d’ailleurs) jugent bon de parler d’une nouvelle venant des États-Unis (ou n’importe où d’autres) il est bon de se poser la question pourquoi celle-ci quitte le niveau du local, puis devient « importante » au niveau de la nation puis à l’échelle internationale. Les États-Unis sont un pays très grand ayant une population très dense dépendant les lieux. Ainsi des centaines d’infortunes mériteraient d’être mentionnées, et beaucoup finisse dans l’ombre tandis que certaines sont amplifiées car elles peuvent être utilisées afin d’artificiellement transformer la scène politique. Les répercussions néfastes visibles que les médias peuvent avoir sont connues depuis longtemps, à titre d’exemples on sait depuis des années maintenant que très souvent les noms et visages des criminels ayant tués de multiples personnes devraient être masqués afin de ne pas en faire des martyrs et ainsi éviter d’inciter d’autres tordus à la copie. Cela n’est toujours pas courant aujourd’hui, mais ce n’est qu’un exemple d’une action préventive que les médias pourraient prendre, en se limitant eux-mêmes pour le bien de la communauté, plutôt que de jouer avec les envies du public pour des raisons annexe d’ordre financier ou autre. Les effets insidieux et discrets, non sans lien avec cet exemple sont plus difficiles à saisir par législation et réglementation ainsi nous sommes contraints de dépendre souvent de l’esprit critique des consommateurs.

 

Entre alors une série de questionnements autour de ce qu’il est bon d’attendre des consommateurs et quand est-ce que les états se doivent d’intervenir. Nous ne pourrons malheureusement pas toutes les couvrir dans cet article, mais il est important d’attirer l’attention sur le sujet, ne serait-ce que pour commencer quelque part, la tâche étant titanesque à l’échelle individuelle et ces questions devant être discutées à plusieurs (aussi nombreux que possibles) dans tous les cas si nous cherchons une solution raisonnable et acceptable.